Cédric LEFRANC sur le Route de la Soie
Quelques
jours avec quelques amis, en Ouzbékistan...
Mardi 20 juillet : Navoiy
- Yangirabot 92 km - 4h35
Un peu difficile de se lever, ce matin. Il faut dire que nous nous
sommes couchés assez tard hier, hôtel dégoté à plus de 21h00, un petit
peu de bouffe… douche… couchage minuit.
Après avoir visité un beau site voisin de l'hôtel, nous reprenons notre
route. Nous passons de village en village. Emilie tient bien le coup,
elle est dans notre roue et ne bronche pas.

Déjà le soir et il nous
faut trouver un endroit pour planter la tente,
pas question de trouver un hôtel ce soir, pas de grandes villes à
l'horizon. Au bord de la route, des champs à perte de vue, dans un
endroit un peu plus isolé que les autres, nous décidons de nous
installer mais même lorsque nous pensons être seuls, il y a quelqu'un.
Je demande donc à un petit vacher si nous ne dérangeons pas. Première
nuit avec mes copains du Brionnais.

Mercredi 21 juillet :
Yangirabot – Samarkand 102 km - 4h45
Bien que la musique, venant de nulle part, ait joué toute la nuit, ce
matin, je suis en forme. Je suis tellement content d'être avec des gens
que j'apprécie, si loin de mes bases, que rien ne peut me perturber,
même la pluie qui m'a sorti du lit à 4heures du matin pour mettre en
place mon double toit.

Nous roulons toujours
aussi vite. La journée
passe, en ce qui me concerne, assez rapidement. Vers midi, nous
arrivons dans la ville de Samarkand. De suite, nous trouvons un hôtel
peu cher et bien. Samarkand, la ville mythique de la route de la soie,
comporte encore beaucoup de monuments qui ont résisté aux différents
tremblements de terre.
Après une bonne petite douche, nous allons flâner dans les rues.

Vendredi 23 juillet :
Samarkand - Taxtacoracha 50 km- 2h30
David est malade depuis hier, turista avec de la fièvre, moi ça va
encore, mais je sens que ça ne va pas durer bien longtemps, seule
Emilie est en pleine forme, pourvu que ça dure.
Nous prenons la direction de la montagne, nous en avons assez de la
morne plaine que nous empruntons depuis Boukara. Peu à peu, nous allons
entrer dans une belle petite vallée verdoyante.

A midi, nous nous
installons sous un saule pour pique-niquer. Je suis
de plus en plus mal. David, lui, commence doucement à refaire surface.
Nous décidons de rester dans le coin pour aller marcher un peu le
lendemain. Nous nous installons dans un petit restaurant. Je suis
complètement kaput, j'ai de la fièvre, j'ai mal au ventre, je vais me
coucher dès 18h00, à la grande stupéfaction de notre hôte qui pensait
boire de la vodka avec nous.
Samedi 24 juillet :
Taxtacoracha – Sanchicur 60 km - 2h45
Ce matin, après 24 heures de jeûne, je me lève le ventre vide mais
bien. Je déjeune un peu, ça à l'air de passer. Nous partons à travers
les montagnes sans vraiment savoir où nous allons. A vue, nous allons
faire 2 petits sommets ! Nous apercevons au loin les montagnes à plus
de 4000 mètres d'altitude du Tadjikistan.
Nous mangeons un peu de viande grillée avant de remonter sur nos vélos.
Demi-tour dans notre vallée et pour changer vent de face. Nous pensions
dormir cette nuit à Urgut mais impossible de trouver un hôtel. Il y en
a seulement un qui ne veut pas de nous. Nous continuons donc, à travers
des villages, notre chemin.

Vers 19h00, nous n'avons
toujours pas trouvé de coin tranquille, je
commence à demander aux gens s'il n'y a pas moyen de camper quelque
part mais c'est toujours la même réponse, il faut aller voir un peu
plus loin. Nous ne sommes pas très fiers et commençons à perdre un peu
le moral. Vers une école, je demande une nouvelle fois la permission de
planter une tente dans la cour mais c'est encore non. Nous repartons,
un gars nous double, s'arrête, et nous propose d'aller coucher chez
lui, nous acceptons sans plus réfléchir.
Nous allons être accueillis comme des rois dans la 2ème maison
d'Asatillo, agriculteur aisé du coin. Tout le monde va mettre la main à
la pâte pour nous faire à manger, le prof d'anglais du collège voisin
qui est en train de construire sa maison juste à côté vient faire la
discussion.
Nous passons une bonne soirée et une bien bonne nuit avec le patron
couché devant notre porte.
Dimanche 25 juillet :
Sanchikul - Xanimqorg'on 72 km - 3h45
Notre bienfaiteur à 4h00 du matin fait sa prière à haute voix, ce qui
nous réveille tôt, mais bon, nous arrivons à traîner sur notre tapis
jusqu'à 6h00.
Ce matin : petit déjeuner local, un bol de lait avec du beurre fondu
dedans et du pain que l'on coupe en gros morceaux par-dessus, pas
mauvais mais un peu difficile à digérer. Après échange des adresses,
Asatillo nous laisse repartir. En 12 heures de présence, nous n’avons
aperçu les femmes de la maison qu’en coup de vent

Nous allons avoir bien du
mal à nous recadrer sur la carte, hier nous
avons pris des chemins un peu au hasard. La chaussée est complètement
défoncée, pas facile d'avancer dans ces gros nids de poule où on a
l'impression que le vélo va casser. Pour nous retarder encore, il y a
beaucoup de vent, c'est vraiment difficile bien que nous soyons deux à
prendre les relais.
Vers 15h00, Emilie craque, elle est super fatiguée et ne peu plus faire
un kilomètre. Nous sommes à un contrôle de police où il y a une
fontaine. Nous en profitons pour faire un peu de lessive et le plein
d'eau. Nous allons trouver un petit coin près de la route derrière une
butte de terre sous des arbres. La soirée est très belle, les étoiles
veillent sur nous.
Lundi 26 juillet :
Xanimqorg'on – Gulzor 106 km - 5h00
Situation étrange, toute la nuit des troupeaux sont passés près de
nous, avec leurs chiens qui, naturellement, sont venus japper devant
nos tentes.
Le paysage est très beau ce matin. Nous passons quelques petites
bosses, il y a des collines tout autour de nous recouvertes de blé bien
mûr dont les tons sont jaune/orangé. C’est vraiment agréable de faire
un peu de bosse après tout ce plat.
Nous nous lavons David et moi dans un canal d'irrigation de cultures
avant de nous planter entre deux champs.
Mardi 27 juillet : Gulzor
- Sirdaryo 100 km - 4h30
Pas trop motivé ce matin, il y a des jours comme ça. RAS en ce qui
concerne le paysage : cultures à perte de vue, vent...
Après avoir mangé un bout de poulet bien moyen, Emilie reçoit une
pierre dans le dos, ni une ni deux, David et moi partons à la poursuite
de l'enfant qui a jeté le caillou. Je le prends, deux minutes plus
tard, alors qu'il se croyait sorti d’affaires. Je tombe sur un gamin de
8 ans tout tremblant, je le sermonne, lui dis que je vais l'emmener à
la police. L'enfant pleure, me supplie de ne pas le faire et me promet
qu'il ne recommencera jamais plus. Je lui fais encore un peu la morale
et le laisse tranquille. Emilie en est quitte pour une belle frayeur et
un beau bleu dans le dos. Franchement ce n'est pas du tout
représentatif de ce peuple qui est plutôt serviable et gentil,
l'exception qui donne à réfléchir.

On cherche en vain un
hôtel dans la ville de Sirdaryo. Rien, il n'y en
a qu’un seulement il ne possède pas de tampon et, en plus, il ne nous
veut pas. Après avoir fait le plein d'eau et de vivres, nous nous
plantons au bord d'une rivière très large, un peu la Loire… Ce soir
nous couchons à Baugy...
Pour les détails et plus de photos, rendez-vous sur le blog de Cédric www.globacyclette.com
Un
peu de tourisme autour de Tachkent.
Mercredi 28 juillet : Sirdaryo - Tachkent 105 km - 5h00
Nous sommes réveillés par le bruit de moteurs, ce sont des pêcheurs qui viennent mouiller les gaules.
Nous avançons bien ce matin bien qu'Emilie soit malade. A midi, nous
sommes à Tashkent, petit repas puis nous partons en quête d'un hôtel.
Vraiment difficile d'en trouver un dans notre budget et qui a de la
place. Nous allons faire 25 kilomètres dans la ville pour en dégoter un
bien miteux.
Emilie n'est pas en forme. Pourvu qu'elle récupère assez vite
Vendredi 30 juillet : Tachkent - Chimgan 94 km - 5h15

Pas super ce matin, je suis vraiment dans « le gaz ». Nous déjeunons et
partons pour la montagne Enfin un peu de bosses en perspective. Nous
avons toutes les peines du monde à sortir de la ville, David assure,
heureusement. Je vais être un zombie une grande partie de la journée.
La route est sympa, il ne fait pas très chaud, tout va bien. Vers
15h00, nous attaquons le col, il ne monte pas trop mal malgré des
pentes irrégulières. Nous arrivons en haut vers 18h00, basculons et
trouvons un hôtel assez rapidement. Les propriétaires sont très
accueillants, nous allons passer une super soirée au frais.
Samedi 31 juillet : Chimgan
Comme nous nous trouvons bien où nous sommes, nous décidons d'aller
marcher la journée en montagne. David est aux anges, le paysage est
magnifique. Nous allons découvrir une belle cascade dans un petit
canyon et ensuite escalader la montagne qui se trouve près de notre
hôtel. C'est ainsi que nous découvrons le lac Chorvoq. Je me sens mieux
qu'hier, j'ai bien récupéré. Après un petit apéritif au vin ouzbèke,
genre de vin cuit à 18 degrés, et un « Plof »: plat local, préparé par
nos hôteliers. Nous nous couchons sans demander notre reste.
Dimanche 01 août : Chimgan - Slijak 59 km - 4h00
Nous décollons tranquillement ce matin, dès notre départ nous nous
trompons de route et nous allons passer par un chemin de mules.
Heureusement que ça descend, sinon nous n'avions plus qu'à faire
demi-tour. Nous arrivons ensuite rapidement au bord du lac de Chorvoq,
c'est vraiment très beau. L'eau est turquoise et, tout autour de nous,
ce ne sont que de beaux sommets. Nous allons rouler toute la journée
sur une route qui serpente entre les collines. Le goudron est à moitié
fondu, nous sommes bien collés. Emilie sert les dents et comme
d'habitude s'en sort bien. Il faut dire que la pauvre n'est pas
épargnée par la turista et ça commence vraiment à la fatiguer.

Le soir, nous avons tout le mal du monde à trouver un chemin pour
accéder au bord du lac. Il est plus de 19h00 lorsque nous descendons
dans un pseudo sentier. Pas facile de trouver un petit coin pour
planter nos 2 tentes mais on y arrive quand même. En début de nuit nous
allons être découverts par un pêcheur et son fils. Heureusement notre
présence ne les affecte pas du tout et après avoir discuté quelques
instants ils nous laissent dormir tranquilles.
Lundi 02 août : Slijak - Chimgan 66 km - 4h15
Bien dormi entre notre falaise et l'eau. Il y a déjà beaucoup de vent
lorsque nous nous levons. Le matin va être très difficile, nous
n’allons faire que monter et descendre ; vraiment épuisant ! Enfin peu
avant midi, nous allons progresser jusqu'à la ville de Chorvoq, là où a
été construit le barrage qui permet cette retenue d'eau.
Nous avons bien envie de camper encore ce soir au bord de l'eau. Malgré
les difficultés à y accéder, après avoir contourné : les hôtels, les
campings, les différents gardiens, nous avons la permission de camper
gratuitement aux abords du lac. Bien que nous soyons proche de beaucoup
de monde, personne ne va venir nous déranger.
Mardi 03 août : Chimgan – Tachkent 97 km - 3h50
Super bien dormi malgré la musique des hôtels environnants, une bonne
partie de la nuit. Le ciel est couvert ce matin, pas très motivant.
Nous arrivons tant bien que mal à sortir de notre campement après avoir
traversé quelques grilles bien gardées. Personne n’a vraiment l'air
surpris de nous voir débarquer mais par contre qu'est ce que c’est
pentu !!!

Après nous être extrait des montagnes russes, nous prenons l'autoroute
à 30 km/h, grâce au vent super favorable. Les kilomètres vont
s’enchaîner et, en début d'après- midi, nous sommes à Tachkent. Nous
retrouvons notre hôtel miteux, nous sommes un peu désolés d'être de
nouveau dans la capitale alors que nous étions si bien dans nos belles
montagnes.
Pour les détails et plus de photos, rendez-vous sur le blog de Cédric www.globacyclette.com
Daniel CHAUSSADE
sur les chemins de Compostelle
Ca bouge chez les marcheurs de Brionnais Découvertes
Décidément, il y a toujours des évènements exceptionnels au sein de
cette association. Après le départ de Cédric Lefranc, à vélo pour la
Route de la soie, il
y a environ un mois et demi, c’était au tour de Daniel Chaussade de
convier ses amis à un pot de départ, avant de partir pour
Saint-Jacques-de-Compostelle, pas moins de 2500km, mais pour lui, ce
sera à pied. Muni de son matériel, entre autre un impressionnant sac à
dos de 16kg, il nous a présenté son parcours.
Départ
seul le vendredi 23 avril pour le Puy-en-Velay où il sera rejoint par
Jean Paul Monmaud, un autre adhérent de Brionnais Découvertes, qui
l’accompagnera pour faire le chemin Stevenson jusqu’à
Saint-Guilhem-le-désert. Il continuera seul pour atteindre son but,
avant d’envisager le retour fin juillet. Un sacré défi mais Daniel est
un garçon au caractère bien trempé, muni d’un moral d’acier dont il
aura besoin chaque jour.



